Samedi 12 octobre 19h : Séance festival ciné 32 à Nogaro avec Maryline Canto !

cantosite

 

Samedi 12 octobre à 19h, à l’occasion du Festival Ciné 32 Indépendance(s) et création, nous sommes heureux d’accueillir la comédienne et réalisatrice Maryline Canto qui vient présenter son premier long métrage  Le sens de l’humour.

Comme chaque année la séance est gratuite et nous espérons vous voir nombreux lors de cette soirée exceptionnelle !

Le sens de l’humour

Avec Maryline Canto, Antoine Chappey, Samson Dajczman

Durée : 1h28

Synopsis :

C’est l’hiver. Elise vit seule avec Léo, son fils de dix ans dont le père est mort. Elle entretient une liaison avec Paul qu’elle a rencontré avant le drame. Leur relation, marquée par cet évènement, est chaotique. Elise le repousse aussi violemment qu’elle se sent attirée par lui, et les deux amants alternent les moments heureux et orageux. Malgré tout, Paul et Léo font connaissance et, les jours passant, s’apprécient de plus en plus…

 

A la fin du film, on voit une femme qui pleure. Dans la salle. Et il y en a peut-être d’autres. Des hommes aussi ? Quelque chose s’est passé pendant cette projection du programme « Cineasti del presente », la sélection parallèle de Locarno. Une émotion a saisi les festivaliers. On la doit à une actrice française qui fait ses débuts derrière la caméra, tout en ayant la bonne idée de rester devant : Maryline Canto.

Dans Le Sens de l’humour, elle joue Elise, une femme qui vit seule avec son fils, et le souvenir d’un homme trop vite disparu. Une place vide, immense et triste, qu’elle défend bec et ongles quand le bonheur fait mine de vouloir la reprendre. Un nouvel homme a pourtant su apprivoiser Elise. Le temps de belles étreintes. Mais, que ce Paul réclame une vie à deux, et le voilà renvoyé au diable. S’il s’accroche, c’est peut-être parce qu’il a le sens de l’humour, et de l’amour par la même occasion. Deux qualités qui sont rarement associées au cinéma. Où on ne voit pas non plus très souvent des femmes tantôt aimantes et tantôt pas aimables, comme Elise. Sur la palette des émotions, Maryline Canto a trouvé des nuances nouvelles. Qu’on devine au moins en partie nourries d’autobiographie. Mais qui touchent bien au-delà de la confession…

Suite de l’article à cette adresse

 

Entretien avec Maryline Canto (source)

Comment fait-on pour être à la fois aux commandes et à l’intérieur d’un film, surtout quand il s’agit d’une première œuvre ?

Ça suppose qu’en amont, on travaille beaucoup, avec tous les collaborateurs. On fait un travail de préparation qui permet sur le plateau, de pouvoir déléguer et de se lancer comme sur un film normal. Je n’ai pas de combo, vous savez cet écran de contrôle, et donc quand je n’étais pas contente des prises, j’allais écouter au son. Cela me permettait d’entendre si la prise était juste ou non.

Je voudrais qu’on parle de Léo, votre fils dans le film. Il joue magnifiquement, et on sait à quel point il est difficile de trouver le ton juste avec un enfant ?

Je suis ravie parce que je le pense vraiment. C’est un enfant extraordinaire, il est rare, il est libre, on a réussi un travail d’émerveillement. Il est secret et il arrive à faire des choses très profondes. En plus il a joué une partition très délicate, et je savais que si on ne trouvait pas l’enfant, s’il n’était pas bon, rien n’irait, parce que c’est un film sur un trio. Il fallait qu’il aie à la fois la mélancolie et la gaité, pour que le portrait soit complet.

Et pendant le tournage il me disait cette chose magnifique, « de toute façon je te fais confiance ». Et en fait il a tout compris, parce que jouer c’est faire confiance.

Elise a vécu un drame, elle a la tristesse en elle, et le poids du monde sur les épaules, c’est cela le personnage d’Elise, et on le découvre petit à petit ?

Oui ça se dévoile au fur et à mesure, pourquoi elle est blessée, pourquoi elle est à vif, et elle lutte contre cette souffrance, mais régulièrement elle est rattrapée par sa douleur. 

Cette douleur elle la crie au visage de Paul qui va supporter la situation, jusqu’à un certain point ?

Oui et je me disais qu’il faudrait qu’on ait mal pour lui et mal pour elle aussi. Elle est violente avec lui mais c’est à la hauteur de ce qu’elle vit. Elle le rejette aussi violemment qu’elle désire l’aimer. Ce n’est pas une violence gratuite, c’est de la lutte, et elle a autant envie d’aimer, qu’elle se refuse à aimer. Il encaisse mais heureusement pas tout, et à un moment il refuse.

Le non-dit fait pour vous, partie du couple ?

Je pense qu’il est particulier à ce couple, parce que Elise refuse de s’épancher. Elle enfouit sa douleur, volontairement ou involontairement, mais elle refuse d’avoir l’air d’une veuve, et elle fait tout comme si elle menait une vie normale. 

Mais quand même le non-dit, je pense qu’il fait partie du couple. Je ne sais pas si on arrive à parler librement de ses émotions et de ce qui va et ne va pas. Moi je dirais cela, mais après on y travaille.

Elise travaille dans un musée, elle est historienne, mais on arrive pas à savoir si ce travail l’épanouit ?

Elle est enfermée, et je n’avais pas envie de filmer le contact avec les visiteurs. Je voulais resserrer l’histoire sur l’amour, sans développer d’autres formes d’ouverture. Dans sa première conférence, elle est rattrapée par son émotion parce qu’elle parle du mouvement de la vie, qu’elle n’arrive à avoir. En revanche au musée avec les enfants, il me semble qu’elle est plus épanouie. Elle adore les enfants, et elle aime leur parler de la couleur, et de la peinture. Mais elle n’a pas d’amis dans le film.

Léo non plus n’a jamais d’amis à la maison ?

C’est vrai que le pari du film c’est un huis-clos quand même, pas dans un appartement mais dans un univers très urbain. Et je voulais m’attacher à les suivre tous les trois, et à ce que leur capacité à aimer soit le coeur du film.

Christine Pinchart

 

Biographie ( Source ) :

Après avoir débuté, adolescente, dans L’Hôtel de la plage en 1978, puis tourné dans la série à succès Pause-café, Marilyne Canto prend des cours de comédie au théâtre national de Strasbourg, dont elle ressort diplômée en 1990. Ne tardant pas à s’imposer comme une des comédiennes les plus attachantes du jeune cinéma français, celle qui fut la compagne de l’acteur Benoît Régent (décédé en 1994) tourne avec des metteurs en scène aussi délicats que Manuel Poirier, Jean-Claude Biette ou Dominique Cabrera. Celle-ci lui offre quelques-uns de ses plus beaux rôles : la syndicaliste fervente de Nadia et les hippopotames (1997) ou la mère fugueuse du Lait de la tendresse humaine (2001).

Aperçue chez Raoul Ruiz, Jacques Doillon ou Cédric Klapisch, la douce Marilyne Canto se révèle très à l’aise dans le registre de la fantaisie, comme l’ont prouvé ses prestations dans les comédies farfelues d’Hervé Le Roux : Grand Bonheur en 1993 et On appelle ça… le printemps en 2001. Pierre Salvadori ne s’y trompe pas, qui lui confie en 2003 le rôle de la petite amie excédée de Daniel Auteuil dans Après vous. Trois ans plus tard, elle campe une juge d’instruction tout aussi opiniâtre que sa collègue Isabelle Huppert dans le corrosif L’Ivresse du pouvoir de Claude Chabrol. Assistante de Philippe Garrel sur Le Cœur fantôme en 1996, elle a par ailleurs signé quatre courts-métrages : Nouilles en 1987; Fais de beaux rêves, en 2005, pour lequel elle reçoit le César du meilleur court-métrage en 2007 et dans lequel elle joue aux côtés de celui qui est aussi son partenaire à la ville, Antoine Chappey; et deux en 2007 : Oui, peut-être et C’est d’accord, tous deux présentés au festival international du film de La Rochelle.

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