A propos de Mille soleils

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A l’occasion de la projection exceptionnelle du film Mille Soleils, qui se déroulera jeudi 15 février à 20h30, et pour laquelle nous recevrons Monsieur Momar Désiré Kané, voici de nombreuses informations sur le film. En espérant vous motiver votre présence.

MILLE SOLEILS

MATI DIOP

Jeune réalisatrice, nièce du cinéaste sénégalais disparu DJIBRIL DIOP MAMBETY et fille du musicien WASIS DIOP.
Formée au Fresnoy (Studio National des Arts contemporains), Mati Diop a réalisé plusieurs films sélectionnés et primés dans de nombreux festivals internationaux (La Mostra de Venise, le FID, ou Rotterdam). En tant qu’actrice, Mati Diop a notamment joué dans 35 Rhums de Claire Denis.

Filmographie

MILLE SOLEILS (Sénégal-France, 45 min) 2013
SNOW CANON (France, 35 min) 2012
BIG IN VIETNAM (France, 26 min) 2011
ATLANTIQUES (Sénégal, 16 min) 2009
LAST NIGHT (France, 15min) 2004

ATLANTIQUES parle aussi des tentatives d’exil et de migration, discussion entre jeunes sénégalais qui tentent d’embarquer ou de réembarquer clandestinement sur des pirogues pour rejoindre la France… Certains, au contraire, ne veulent pas partir, se déraciner et se séparer. Rester ou quitter, tenter de survivre (mieux ?) ailleurs, risquer sa vie en chemin. La mer et ses promesses d’horizon meilleur, au loin, hors-champ. Un miroir aux alouettes ?

1000 SOLEILS
Soutenu par la Région Midi-Pyrénées
Distrib : Independencia
Durée : 45 minutes
Grand prix de la compétition internationale FID Marseille 2013
Recommandé par le GNCR

Film envoûtant, dès les premiers plans (image et son, lumière, couleurs…). Un personnage central superbe et indomptable – qui peut faire penser à la figure de Wanda (de Barbara Loden) – filmé avec douceur. Un air de western. Des questions sur l’exil, la liberté, la jeunesse de Dakar aujourd’hui, le cinéma, le rapport à son propre passé, au temps qui passe, les occasions manquées…

Extraits revue de presse

« Mille soleils mérite son nom. Il resplendit dans la nuit de Dakar, darde une sensibilité à fleur de peau, réchauffe le cœur. Des cinéphiles, des amoureux de l’Afrique, de tous ceux enfin qui veulent bien se laisser gagner par ses quarante-cinq minutes de grâce. Mille soleils est un hommage à un autre film, Touki Bouki, premier long-métrage réalisé en 1972 par le réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambéty, oncle paternel de Mati. Soit dit en passant, et selon l’humble avis de l’auteur de ces lignes, le plus grand cinéaste africain de tous les temps. La barque est donc bien chargée, et la nièce s’en tire en douceur. »

Le Monde – Jacques Mandelbaum

« Sauf à se leurrer, hériter se choisit. Et exige même beaucoup : rien moins que de remonter dans le temps. C’est ce périple qu’entreprend ici Mati Diop, jeune cinéaste au parcours déjà avéré, en direction d’un film culte, Touki Bouki, réalisé en 1972 à Dakar par son oncle aujourd’hui défunt, Djibril Diop Mambety. L’argument en est simple : un couple d’amoureux rêve du paradis qu’ils situent à Paris et se donnent les moyens de le rejoindre. L’une embarquera vers l’idéal et l’exil, l’autre décidera in extremis de rester. Fable aux accents burlesques sur tradition et modernité, ce Voyage de la Hyène (traduit du wolof) évoque avant tout le choix : s’ingénier à être en mesure de choisir, puis choisir, libre des efforts déployés. Dans cet autre voyage auquel s’expose Mati Diop, l’histoire de sa famille, l’histoire du cinéma, l’histoire du Sénégal aussi, s’entremêlent, portées par Magaye Niang, le protagoniste de l’épopée d’alors, jusqu’à superposer les temporalités et faire revenir aujourd’hui des personnages (et leurs attributs : la fameuse moto-buffle) du film d’il y a 40 ans. Entre naturalisme et fantastique, entre hommage et enquête, entre humour et mélancolie, Mille Soleils remplit la promesse de son titre, et brille de bien des feux. »

Jean-Pierre Rehm (délégué général du FID Marseille)

« Mati embarque donc pour Dakar pour écrire et tourner Mille soleils, pister les traces des acteurs du film et de sa généalogie cinématographique personnelle. Elle parcourt les lieux de Touki Bouki, organise une projo en plein air en présence de l’acteur Magaye Niang afin de réinscrire le film de son oncle dans le présent de son film à elle, réverbérant un dialogue à distance entre les films, entre elle et son oncle, entre la jeunesse dakaroise et ses aînés.

Mille soleils mixe docu et fiction, réalité politique et poétique, contexte social et rêverie, déployant toutes les puissances du cinéma. Le film fait miroiter mille motifs et thématiques, souffle des bouffées de western, tord le temps entre passé et présent, imaginaire et réel, vivants et fantômes, un peu comme dans les films sorciers de Claire Denis ou d’Apichatpong Weerasethakul. »

Extrait Les Inrocks – Serge Kaganski

TOUKI BOUKI et DJIBRIL DIOP MAMBETY

Dans 1000 SOLEILS, Mati Diop entremêle réalité et fiction, l’acteur principal de TOUKI BOUKI aujourd’hui et son personnage de l’époque…

 

DJIBRIL DIOP MAMBETY : cinéaste sénégalais (Sahel).
Quelques titres de sa filmographie, toujours parcourue par une grande poésie:
TOUKI BOUKI , LE VOYAGE DE LA HYENE 1973
HYENES 1992
LA PETITE VENDEUSE DE SOLEIL 1998

TOUKI BOUKI (Le Voyage de la hyène) : un couple veut quitter le Sénégal pour tenter sa chance en Europe. Au moment de partir, elle monte dans le bateau et lui renonce à la suivre et reste à quai. La question de l’exil, l’espoir d’un ailleurs, le déracinement, la séparation…

> Signification du mot « Touki » = voyage / départ.

Dans HYENES, filmé 20 ans plus tard : le retour au pays d’une femme qui est partie en Europe 30 ans auparavant et s’y est grandement enrichie, en laissant son amoureux à quai. HYENES apparaît comme la suite de TOUKI BOUKI, 20 ans après, drapés dans de nouveaux personnages à peine déguisés… Parallèlement, le film soulève une vive réflexion sur l’argent.

WASIS DIOP > compositeur et musicien. Frère de Djibril Diop Mambéty, compositeur de la musique de 2 films de son frère : HYENES et LA PETITE VENDEUSE DE SOLEIL. (+ compositeur de la musique de DARATT et GRIS-GRIS).

 

2 temps forts Cinémathèque de Toulouse / partenariat Jeunes et Lycéens au cinéma en MP :

Conférence de Catherine RUELLE (journaliste cinéma pour Africultures, RFI… et critique de cinéma).
« A la découverte des cinémas africains, singularités d’un cinéma pluriel ». > merc. 25 février 14h30

Projection de TOUKI BOUKI à Toulouse : une occasion rare > jeudi 26 février à 21h

 

SUITE REVUE DE PRESSE 1000 SOLEILS

Mille soleils, de Mati Diop L’héritage de Touki Bouki par Olivier Barlet / AFRICULTURES

Présenté le 6 juillet en première mondiale à l’édition 2013 du FID de Marseille, où il a remporté le grand prix de la compétition internationale, Mille soleils confirme Mati Diop comme une figure marquante des nouvelles écritures cinématographiques.

« Le monde est vieux, mais l’avenir sort du passé ». Les griots répètent à l’envi ce début de L’Epopée de Soundiata Keïta mais cette maxime essentielle est difficile à appliquer : comment une jeune réalisatrice désireuse d’avancer dans sa vision du monde actuel, fille du musicien Wasis Diop et donc nièce du plus légendaire des cinéastes africains, Djibril Diop Mambety, peut-elle avancer dans la délicate équation d’un héritage aussi magnifiquement riche mais forcément pesant ?

En mouillant sa chemise ! En allant parcourir Dakar sur les traces de Touki bouki, le film qui lui parle le plus mais que son grand père résumait en disant : « C’est notre histoire ». Voici donc une histoire de famille, de transmission, d’héritage et de rupture où l’histoire personnelle se mêle à la grande Histoire du cinéma. Il fallait une porte d’entrée, qui fut d’explorer ce que sont devenus Marème Niang et Magaye Niang, eux qui incarnaient Anta et Mory, ce couple de jeunes non-conformistes épris de liberté qui quarante ans plus tôt parcouraient Dakar pour trouver l’argent du voyage vers l’Europe.

Comme Anta, Marème Niang est partie pour le Nord, et comme Mory, Magaye Niang n’a pas quitté Dakar. Si bien que le réel et la fiction s’entremêlent au point de se répondre. Magaye sera donc encore à la tête d’un troupeau et comme dans Touki bouki, on retrouve ces bêtes à l’abattoir. Mais 40 ans ont passé, et Mati, malgré son désir référentiel, ne le filme pas comme Djibril. Certes, le sang est là, comme le sang de l’abattoir du Sang des bêtes de Georges Franju (1949) qui évoquait pour mieux le conjurer le carnage des guerres mondiales, comme le sang de l’abattoir de Rwanda pour mémoire de Samba Félix Ndiaye (2003) qui se rapprochait ainsi au plus près de la représentation de l’Itsembabwoko. Le sang est là et, comme Djibril, Mati ne filme pas cette boucherie à distance : elle est au milieu des zébus. Mais alors que dans Touki bouki, c’est l’effroi des bêtes et leur exécution que représentait Djibril, dans son souci d’évoquer les damnés mais aussi leur force de vie, Mati s’intéresse davantage aux hommes qui se mesurent avec les bêtes comme dans une corrida, lançant des cris de victoire quand ils les ont terrassés. Comme dans l’Histoire haïtienne où les dirigeants s’y réfèrent sans cesse, le sang est un lien qui traverse le temps, à la fois poids du passé et héritage du vivant.

Ce lien du sang aussi personnel qu’historique, dominante rouge, va céder le pas à l’envahissement du bleu, qui s’impose au point de baigner de la lumière bleue du rétroprojecteur les vétérans qui viennent présenter Touki bouki lors d’une séance en plein air : Wasis Diop, Joe Wakam (Issa Samb), Ben Diogaye Bèye et Magaye Niang. Sous la bannière du bleu, c’est une nouvelle génération qui prend la place, celle d’un nouveau cinéma qui se saisit du numérique et délaisse la pellicule et, sur les traces de Djibril, rompt avec un certain classicisme, cette génération de ce chauffeur de taxi qui revendique à grands cris le pouvoir du peuple et reproche aux anciens comme Magaye de n’avoir rien tenté – ce chauffeur qui n’est autre que Djily Bagdad, le rappeur du groupe 5kiem Underground, engagé dans le mouvement Y’en a marre qui en mobilisant des manifestations de rues a empêché le président Abdoulaye Wade d’introniser son fils comme successeur.

Voyager ? « Il le fallait », disent les trois compères. Pourtant, si Wasis est parti, Joe et Ben sont restés. Mais leur route a traversé le monde : le déplacement n’est pas seulement géographique. Ils sont, comme Magaye, ces héros fragiles et incertains mais pénétrés d’engagement de certains westerns, comme le Gary Cooper du Train sifflera trois fois (High Noon, Fred Zinnemann, 1952), dont la célèbre chanson que Djibril affectionnait accompagne Magaye lorsqu’il conduit son troupeau en début de film. Lorsqu’elle est reprise à la fin sur un rythme rock, Magaye, comme elle, a changé : il a franchi le pas de la mémoire et affronté le froid bleuté du Pôle. Pour avoir dépassé sa douleur et s’être confronté à sa peur, il a atteint cet au-delà de la mémoire, cet invisible qui n’est plus souvenir mais conscience du temps.

Ce serait cela l’héritage de Touki bouki : ces mille horloges, ces mille soleils, ces mille fulgurances qui nous émeuvent profondément à la faveur d’un film aussi nocturne que lumineux, aussi intuitif qu’ancré dans le temps présent, aussi digne de s’inscrire dans la lignée qu’il est novateur et puissant. Avec Mille soleils, Mati Diop revisite avec une infinie finesse le programme de Touki bouki : conquérir sans abandonner.

http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=11649#sthash.gspkaV1w.dpuf

 

Pour aller plus loin sur 1000 SOLEILS et MATI DIOP :

http://www.telerama.fr/cinema/mille-soleils-de-mati-diop-decouverte-ensorcelante-du-festival-du-documentaire-marseillais,100071.php

http://www.fidmarseille.org/index.php/fr/?option=com_content&view=article&layout=edit&id=1378

http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=11649

http://www.gncr.fr/films-recommandes/mille-soleils

http://www.independencia-societe.com/projets/distribution/mille-soleils

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/12/la-tendresse-explosive-de-mati-diop_3446680_3246.html

http://www.lesinrocks.com/2014/04/14/cinema/le-cinema-sorcier-de-mati-diop-11497725/

http://www.aurorafilms.fr/diop.html#infos

https://www.youtube.com/watch?v=TIw_fmHL2II

http://aurorafilms.fr/snow-canon.html

 

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